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26
Fév

AZF: DENIS DREYFUS INTERROGÉ PAR LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ

Parmi les pléthoriques parties civiles constituées au procès de la catastrophe de l’usine AZF, la FENVAC dispose d’un statut un peu différent “d’observateur vigilant”,explique son avocat, le Grenoblois Denis Dreyfus.

AZF: QUE LE PROCÈS SOIT UTILE

Parmi les pléthoriques parties civiles constituées au procès de la catastrophe de l’usine AZF, la FENVAC(Fédération nationale des victimes d’accidents collectifs) dispose d’un statut un peu différent “d’observateur vigilant”, explique son avocat, le Grenoblois Denis Dreyfus.

Son objectif n’est pas de défendre les intérêts directs d’une ou de plusieurs victimes, mais “de relayer un travail de prévention” ; en ce sens elle peut revendiquer une sérénité qui risque de faire défaut ailleurs : “En général, les parties civiles sont dans la solidarité. Ici elles sont partagées”.

Notamment en raison du contexte international de la catastrophe, survenue dix jours après le 11 septembre : “Certains croient encore à la piste de l’attentat terroriste”. De même l’enquête menée en interne, parallèlement à celle des juges, a aussi pu “brouiller les cartes”.

D’où la remise en cause, et pas seulement par la défense, des conclusions de l’instruction, attribuant l’explosion à un mélange des nitrates d’ammonium stockés dans un hangar d’AZF (“qui était une vraie poubelle”), avec un dérivé chloré, le DCCNa, déchargé le matin même.

“La stratégie de Me Soulez-Larivière, pour la défense, va être de dire que la démonstration n’est pas faite, que cette thèse de la “mise en contact” de deux produits incompatibles n’est pas crédible. Mais qu’elle n’a été retenue que faute de mieux, parce que les autres ont été écartées”, et notamment celle de l’explosion de nappes de vapeurs dégagées de l’usine jouxtant AZF.
“L’une des plus importantes associations de victimes, celle des anciens salariés de l’usine, est sur ce point assez proche de la défense : à ses yeux la démonstration chimique n’est pas étayée”.

Pour Me Dreyfus en revanche peu de doutes, “la causalité semble clairement établie”. Mais seuls les débats en donneront – ou non – confirmation. “Soit la justice sera capable d’asseoir une causalité, une lecture de l’accident qui à terme, sera utile en matière de prévention de risque industriel. Soit le procès y échouera, et il faudra alors avoir le courage de dire : on ne sait pas.
Même si c’est difficile, face aux attentes d’une population aussi profondément traumatisée”.

Son expérience lui permet cependant d’espérer “que la qualité et la pédagogie de l’audience permettront, comme dans le cadre du procès de la catastrophe du Drac,d’amener une vraie réflexion”, et à terme, de renforcer le principe de précaution.
Ou que les débats “serviront à faire évoluer le comportement des prévenus”, comme celui de la catastrophe du Mont-Blanc.

C’est ce que la FENVAC escompte des quatre mois que doit durer le procès : “Qu’il soit utile”.

Propos recueillis par Claire SIRAND.

Source:
Le Dauphiné Libéré, du mardi 24 février 2009, page 28.

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